Mes Lectures

Jeudi 4 février 2010 à 19:03

 

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(10-18, 8,50€, 394 pages)


Les Voix endormies, ce sont celles de toutes les héroïnes anonymes de la guerre d'Espagne, ouvrières, syndicalistes, partisanes ou simplement candidates à l'exil. En 1939, le conflit touche à sa fin et les Républicains paient leur défaite dans les prisons franquistes. Dans celle de Ventas, Hortensia, Elvira et Tomasa attendent de connaître leur sort. A l'extérieur, leurs familles et leurs amis vivent dans l'angoisse. Peu à peu, avec la discrétion de ceux qui se sentent épiés, des liens se tissent, des histoires se racontent... Et celles qui se savent condamnées formulent un dernier vœu : n'être jamais oubliées. Grâce à ce récit bouleversant, elles sont enfin exaucées.

 
Après s'être documentée et avoir recueilli des témoignages réels pendant 4 ans, Dulce Chacón nous sert un livre merveilleux.
Ce livre est absolument bouleversant: c'est un vrai document historique, ou plutôt un roman basé sur des faits et personnes historiques. Certes, les personnages ont été créés par l'auteur (bien qu'elle se soit inspirée de femmes qui ont existé), ainsi que leurs histoires d'amour et familiales. Mais on peut aisément imaginer que des femmes ont vraiment vécu ces horreurs.
Ces voix endormies nous réveillent, nous secouent, nous prennent aux tripes.

Dulce Chacón donne la voix à celles qui avec leur courage, leur dignité et dans la solidarité ont affronté et surmonté les humiliations, les tortures et la mort. On y entend la voix et le silence des 13 roses, 13 mineures exécutées en représailles... Au delà du milieu carcérale, on y entend aussi les voix de ceux et celles, qui à l'extérieur, luttent dans la guérilla, ceux qui s'exilent, ceux qui survivent...

C'est la voix des vaincu(e)s de cette guerre, l'histoire occultée pendant 40 ans en Espagne, que nous offre Dulce Chacón.

On est happé du début à la fin par ces destins, envoûté par la narration et les évènements.
A noter que l’auteure est décédée l'année où on lui a décerné l'équivalent du Goncourt espagnol; elle n'a donc pas profité du succès de ce livre.

Une histoire vraie et très émouvante, racontée avec justesse, respect et humanité, à lire absolument car traite d'une période finalement peu connue.

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Dulce Chacón est une écrivain espagnole, née le 6 juin1954 à Zafra et décédée le 3 décembre2003 à Madrid (Espagne).

Elle est née dans une famille traditionnelle, mais plus tard ses idéaux progressistes l'ont menée à parler des morts pendant le franquisme ou contre la guerre en Irak.

Son père est mort quand elle avait 12 ans et sa famille a dû partir à Madrid. Elle est morte en 2003 à cause d'un cancer très avancé.


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Publié par Elora

Lundi 8 mars 2010 à 15:58

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(Folio, 6,10 €, 242 pages)

A quinze ans, Michaël fait par hasard la connaissance, en rentrant du lycée, d'une femme de trente-cinq ans dont il devient l'amant. Pendant six mois, il la rejoint chez elle tous les jours, et l'un de leurs rites consiste à ce qu'il lui fasse la lecture à haute voix. Cette Hanna reste mystérieuse et imprévisible, elle disparaît du jour au lendemain. Sept ans plus tard, Michaël assiste, dans le cadre de des études de droit, au procès de cinq criminelles et reconnaît Hanna parmi elles. Accablée par ses coaccusées, elle se défend mal et est condamnée à la détention à perpétuité. Mais, sans lui parler, Michaël comprend soudain l'insoupçonnable secret qui, sans innocenter cette femme, éclaire sa destinée, et aussi cet étrange premier amour dont il ne se remettra jamais. Il la revoit une fois, bien des années plus tard. Il se met alors, pour comprendre, à écrire leur histoire, et son histoire à lui, dont il dit : "Comment pourrait-ce être un réconfort, que mon amour pour Hanna soit en quelque sorte le destin de ma génération que j'aurais moins bien su camoufler que les autres ? "

Le Liseur s'inscrit dans la lignée du Troisième Reich, qui s'est rendu coupable aux yeux de l'humanité des pires atrocités.
Ce récit couvre habillement trois périodes. D'abord, celle de ce grand amour fantastique, qui unit deux être tout sépare; ensuite, la période du procès et la recherche de Michaël, convaincu qu'un élément échappe au jury; enfin, l'après-procès et la façon dont Michaël et Hanna réinventent leur relation.
Dès les premières pages, on se pose des questions sur cette femme alors que l’on cerne facilement Michael. Outre l’amour qu’ils se découvrent, leur autre point commun est qu’ils sont, parfois, assez plats et prévisibles. On peut déplorer également les lourdeurs, particulièrement lors des monologues du narrateur qui manque étonnamment de charisme.
La puissance de ce livre dans le fait qu'il dévoile le côté humain de la monstruosité puisqu’elle n’a effectivement pas de visage défini. De plus, cette œuvre dépeint les contrecoups du nazisme sur le peuple allemand comme trop peu l’ont fait. Même s'ils n'ont pas participé à cet holocauste, ils se sentent honteux du passé nazi de leur pays. Bernhard Schlink apporte avec ce roman une réflexion éclairante sur les criminels de guerre. Quelle était leur implication dans un régime engagé dans une extermination à tous crins en dehors même des frontières nationales?
L’auteur montre, avec talent et humanité, que l’amour peut aller au-delà des pires événements.
Hélas ! On peut facilement trouver presque toutes les réponses aux questions que l’on peut se poser lors du livre. Dans le cas contraire, en refermant le livre, il est aisé de se dire « Ah mais oui ! C’était évident là, là ou encore ici et ici…. ».
Cependant, avec son style simple et efficace, Bernhard Schlink sait nous procurer un réel moment de plaisir à la lecture. L’ensemble se dévore avec délice.
Vous verrez, la puissance que la lecture peut avoir est tout simplement fascinante !

Read A Thon

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Bernhard Schlink, écrivain de langue allemande est né le 6 juillet 1944 à Bielefeld (Allemagne).
Il est professeur de droit public et de philosophie du droit à l'université de Humboldt à Berlin.

 Ils en parlent :  MeL, Melisende, Karine :), Nelfe


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Publié par Elora

Dimanche 14 mars 2010 à 10:41

http://multimedia.fnac.com/multimedia/images_produits/ZoomPE/2/3/6/9782070374632.jpg
(Folio, 5,60€,  121pages)


Stuttgart, 1932. Hans Schwarz, fils d'un médecin juif, rencontre Conrad von Hohenfels, issu d'une famille aristocratique au passé prestigieux. Tout les sépare : pourtant une amitié naît, exceptionnelle, exigeante. Mais déjà, avec la montée du nazisme, grondent des rumeurs de haine. Hans, exilé aux États-Unis, s'efforcera d'oublier son passé. Un passé qui se rappellera à lui un jour...
 
Le chef-d' oeuvre de Fred Uhlman raconte l'amitié entre deux jeunes Allemands, au moment de la prise du pouvoir par Hitler. L'un est juif, l'autre appartient à une famille noble. Bien des années plus tard, en dépit des difficultés traversées, l'amitié retrouvée aura été plus forte que la persécution et que la mort. En se rencontrant pour 'L' ami retrouvé', c'était la première fois que Harold Pinter et Jerry Schatzberg travaillaient ensemble. Le thème du livre de Fred Uhlman a touché de la même façon la sensibilité et les préoccupations de l'écrivain et celles du cinéaste. Pour Harold Pinter, ce scénario s'inscrit dans la continuité de ses oeuvres les plus récentes, en reprenant deux de ses thèmes essentiels d'une part, la mémoire, avec ses nostalgies et ses remords, ses télescopages et ses malentendus ; d'autre part, le combat (de plus en plus déterminé et presque militant) que mène Pinter pour le droit de l'homme à la vie et à la liberté, pour la défense de l'individu contre les agressions des appareils d'État, qu'elles soient brutales ou insidieuses.
Ce court roman (ou cette longue nouvelle ?) est avant tout l’histoire d’une amitié de celles qui n’auraient jamais dû exister entre un Juif et un « autre ». Aucune violence dans ce tout petit livre d’une centaine de page mais plutôt la montée du nazisme dans les mentalités et Fred Uhlman nous montre, avec une certaine réussite, qu’il est possible de conserver des liens, des années durant malgré les aléas de la vie et de l’histoire, malgré la distance… malgré tout.
La Seconde Guerre mondiale sert surtout de fond. On apprécie que cela ne soit pas surexploité mais il est vrai que le reste parait très superficiel. Bien que ces quelques pages restent relativement touchantes, il manque un petit quelque chose, ce petit truc qui fait que la lecture est vraiment marquante.
Bref, ce roman pourtant très connu n’est pas pour autant inévitable.
Ce livre se lit en une toute petite heure, sans fioritures, sans heurts avec le vocabulaire ou le style.
Tellement court, tellement superficiel, qu’il est difficile d’en parler sans faire de spoilers…

CHALLENGE ABC ET RAT

http://www.je-publie-mon-livre.com/.a/6a00d83452138d69e2011570fb12de970b-800wi
Fred Uhlman (né le 19 janvier 1901 à Stuttgart, Allemagne, mort à Londres le 11 avril 1985) était un écrivain et peintre britannique d'origine allemande.


Ils en parlent :
Karine :), MeL, Melisende


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