Jeudi 16 septembre 2010 à 21:07

http://www.librairiepantoute.com/img/couvertures_300/cercle-litteraire-des-am.jpg

(NIL, 396 pages, 19€)
ISBN
284111371X


Janvier 1946. Londres se relève douloureusement des drames de la Seconde Guerre mondiale et Juliet, jeune écrivaine anglaise, est à la recherche du sujet de son prochain roman. Comment pourrait-elle imaginer que la lettre d'un inconnu, un natif de l'île de Guernesey, va le lui fournir ? Au fil de ses échanges avec son nouveau correspondant, Juliet pénètre son monde et celui de ses amis - un monde insoupçonné, délicieusement excentrique. Celui d'un club de lecture créé pendant la guerre pour échapper aux foudres d'une patrouille allemande un soir où, bravant le couvre-feu, ses membres venaient de déguster un cochon grillé (et une tourte aux épluchures de patates...) délices bien évidemment strictement prohibés par l'occupant. Jamais à court d'imagination, le Cercle littéraire des amateurs d'épluchures de patates déborde de charme, de drôlerie, de tendresse, d'humanité Juliet est conquise. Peu à peu, elle élargit sa correspondance avec plusieurs membres du Cercle et même d'autres habitants de Guernesey , découvrant l'histoire de l'île, les goûts (littéraires et autres) de chacun, l'impact de l'Occupation allemande sur leurs vies... Jusqu'au jour où elle comprend qu'elle tient avec le Cercle le sujet de son prochain roman. Alors elle répond à l'invitation chaleureuse de ses nouveaux amis et se rend à Guernesey. Ce qu'elle va trouver là-bas changera sa vie à jamais.

Après avoir lu des avis aussi flatteurs les uns que les autres, je m’attendais, au moins, à passer un bon moment. Au final, j’ai été assez déçue.

Autant avouer tout de suite, ce que j’ai préféré dans le livre, c’est sa couverture extrêmement soignée avec ce stylo-plume, les enveloppes timbrées et ce nœud rose. A vrai dire, je rêve d’avoir un fond de blog dans le même style. Bref, passons.

L’histoire en elle-même semble être des plus sympathique = un écrivain à la recherche de nouvelles inspirations pour ses prochains écrits. Curieux mais extrêmement tentant. Au fur et à mesure de ses pérégrinations épistolaires et de sa vie, Juliet reçoit une lettre d’un certain Dawsey, lui parlant du Cercle Littéraire des amateurs de tourtes aux épluchures de patates (si, si, c’est le titre complet. Explications dans le roman, si vous le souhaitez.). Les échanges de Juliet avec ce groupe se font de plus en plus réguliers et sont censés lui donner des éléments pour écrire sur l’utilité de la lecture. Bien vite, trop vite, il n’est plus question de cela mais plutôt de la vie de Guernesey pendant son occupation lors de la Seconde Guerre Mondiale. Ce revirement de situation est décevant dans le sens où les balbutiements du roman étaient réellement prometteurs.

De plus, les échanges épistolaires vont à un rythme effréné, donnant une impression de dynamisme retombant finalement assez rapidement face à la multiplicité des personnages. Il est alors difficile de retenir les correspondances autres que celles qu’entretient Juliet avec Dawsey, Sidney (son éditeur) voire avec son amie Sophie. Par conséquent, il en va de même pour les informations, peut-être essentielles, contenues dans ces lettres. Cela est loin d’empêcher un côté très prévisible à ce roman.

D’autre part, chaque personnage ayant une personnalité définie à l’extrême, ils se sont parfois transformés en véritables caricatures. Ils sont chacun leur tour « trop » : trop secret, trop sauvage, trop naïf ou trop niais comme Juliet.

Cependant, il faut bien reconnaitre un gros point positif à ce livre : on a envie d’aller visiter Guernesey qui m’a fait penser à la Bretagne. Pas étonnant, me direz-vous...

En quelques mots, ce roman tout simple est bien loin d’être un essentiel dans nos bibliothèques.

 

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Mary Ann Shaffer

Lecture : Septembre 2010
Ils en parlent : Matilda, Leyla, Constance,

Publié par Elora

Lundi 31 mai 2010 à 9:13

 
http://www.decitre.fr/gi/74/9782709634274FS.gif

(JC Lattès, 18,00€, 300 pages)
ISBN
978-2709634274


Une histoire d'homme, une histoire simple, celle d'un avocat quadragénaire à qui tout réussit : une vie professionnelle intense, une passion pour la nature, une bande d'amis de jeunesse. Pourtant l'image éclatante dissimule une errance sentimentale, jusqu'à cette journée de mariage... Mais l'autre peut-il nous sauver de nous-mêmes ? Avec cette évocation juste et lucide, Bruno Le Sassier explore la mécanique amoureuse des hommes fragiles.

Une histoire d’homme… Un titre assez curieux, au premier abord. A quoi doit s’attendre le lecteur ? Une immersion dans un monde homosexuel ? Une réflexion machiste sur un sujet quelconque ?

Rien de tout cela !

C’est avec une écriture réfléchie, simple et sensible que Bruno Le Sassier nous emmène dans le chemin du cœur de l’homme, avec un h minuscule. L’auteur évoque donc l’amour sous un angle relativement inhabituel en littérature. Une chose également agréable : on sent à chacun phrase, si ce n’est à chacun mot, une implication personnelle de l’écrivain.

L’histoire porte le lecteur avec douceur mais sans lenteurs. La construction du roman, le style de l’écriture notamment, très basée sur le souvenir, permet de rappeler à tout un chacun des souvenirs et des rencontres. Cependant, l’auteur n’échappe pas à quelques clichés vus et revus…mais une histoire d’amour sans clichés n’en est pas une, n’est-ce pas ?

Rapidement, le lecteur se rend compte que rien n’est laissé au hasard. Les mots se posent naturellement là où il faut et cela rend les personnages extrêmement marquants et attachants voire émouvants.

Bien que joli et agréable à découvrir, ce roman ne laissera pas à ses lecteurs un souvenir impérissable.

Je remercie Livraddict et JC Lattès pour ce partenariat.


****


Né en 1963, Bruno Le Sassier signe avec Une histoire d'homme son premier roman.

Lecture : Mai 2010

Publié par Elora

Vendredi 30 avril 2010 à 17:11



http://www.renaud-bray.com/ImagesEditeurs/PG/1009/1009190-gf.jpg

(Babel, 4,50€, 253 pages)
ISBN 978-27427-7190-5

Désirée se rend régulièrement sur la tombe de son mari, qui a eu le mauvais goût de mourir trop jeune. Bibliothécaire et citadine, elle vit dans un appartement tout blanc, très tendance, rempli de livres. Au cimetière, elle croise souvent le mec de la tombe d'à côté, dont l'apparence l'agace autant que le tape-à-l'œil de la stèle qu'il fleurit assidûment. Depuis le décès de sa mère, Benny vit seul à la ferme familiale avec ses vingt-quatre vaches laitières. Il s'en sort comme il peut, avec son bon sens paysan et une sacrée dose d'autodérision. Chaque fois qu'il la rencontre, il est exaspéré par sa voisine de cimetière, son bonnet de feutre et son petit carnet de poésie. Un jour pourtant, un sourire éclate simultanément sur leurs lèvres et ils en restent tous deux éblouis... C'est le début d'une passion dévorante. C'est avec un romantisme ébouriffant et un humour décapant que ce roman d'amour tendre et débridé pose la très sérieuse question du choc des cultures.

Autant le dire tout de suite, ce livre, au titre fort curieux, reconnaissons-le, est un petit bijou d’humour adressé à tous les types de lecteurs.

Cette rencontre atypique n’est pas de la grande littérature, certes. Il est vrai que le style, bien que vif et enlevé, et le vocabulaire sont parfois un peu trop familiers. De plus on trouve dans ce roman quelques procédés non seulement faciles mais répétitifs. De quoi énerver les personnes qui aiment les histoires qui avancent, les impatients, quoi ! Les mêmes moments racontés deux fois, même avec des visions différentes finissent par fatiguer.  Mais il n’y a pas un mot de trop ni de description exagérée. La mayonnaise de la magie prend l’histoire nous permet de passer un moment très agréable grâce à ces situations provoquées par l’antagonisme des personnages.

Justement, parlons-en de ces personnages : la fille de la ville, bibliothécaire extrêmement cultivée contre l’agriculteur bourru au cœur caché sous d’épaisses couches de pulls et de soucis pour maintenir sa ferme sur les rails. Katarina Mazetti arrive à ne pas tomber dans la caricature tout en faisant des remarques bien vues. Chacun de ces deux personnages, aux noms affreux (Désirée et Benny), devient de plus en plus attachant au fur et à mesure des pages. Ces deux-là sont habités de sincérité et de réalisme. On comprend mieux les peurs, les « Pourquoi ? » et les « Comment ? » de ces deux types de personnes affrontant une attirance à « l’autre ». En jouant sur le choc culturel, les différences et en prenant nullement partie, l’auteur démontre avec une certaine finesse combien il peut être difficile d’appréhender la personne en face de soi. La psychologie des personnages est belle et bien présente mais d’une façon implicite.

Le dernier quart de ce roman de 253 pages (chez Babel) est un peu attendu et laisse une trop grande ouverture pour un second tome et, du coup, ne stimule pas vraiment l’imagination. Dommage. Le roman était pourtant bien parti et les petites « fautes de parcours » auraient pu être tout excusées…

Pauvre lecteur, qui que tu sois, ne te soucie point du titre de ce livre. Tu n’y trouveras ni détails morbides, ni grandes réflexions théologiques, simplement une histoire à l’eau de rose un peu plus poussée que les autres. Il s’agit tout bonnement d’une histoire légère sur les événements de la vie, le destin diront certains…

La détente des zygomatiques est assurée. 


http://www.schildts.fi/user_data/pix/forfattare/katarina_mazetti.jpgIls en Parlent : Hécléa, Livresque, Nane
Lecture : Avril 2010



 
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Publié par Elora

Vendredi 19 mars 2010 à 13:02


http://multimedia.fnac.com/multimedia/images_produits/ZoomPE/3/4/2/9782253032243.jpg(Le Livre de Poche, 2€, 153 pages)
ISBN 2-253-03224-7


                 Porté en lui depuis longtemps, le premier roman de Patrick Poivre d'Arvor est un roman d'amour.
D'amour fou entre deux adolescents. À l'écart de la comédie des adultes qu'ils récusent. Ils se jettent dans la plus belle et la plus émouvante des aventures... comme des oiseaux contre une vitre dans les couleurs de l'aube. Cette tendre et tragique histoire d'amour, chacun de nous l'a vécue - ou rêvée. Ce premier roman écrit à dix-sept ans - un de ses plus grands succès - est aujourd'hui adapté à la télévision.
                 Bien que le thème des amours de jeunesse ne soit pas véritablement original, l'histoire est émouvante, belle et même poignante...
                On se laisse rapidement transporter dans cette aventure semi-autobiographique tant l’écriture est fluide, le style simple.
Patrick Poivre d’Arvor, dont on connaît mieux ses talents journalistiques, sa voix ou encore sa marionnette aux Guignols de l’Info,  n’en fait pas trop. Il arrive à  appuyer juste là où il faut, là où ça fait mal, là où ça touche pour les héros comme pour les lecteurs.
D’un réalisme et d’une justesse rare, ce roman vacille sans cesse et menace plus d’une fois de tomber dans le trop classique et le « déjà vu ». En vérité, nous ne sommes jamais vraiment surpris. Chacun est en mesure de deviner ce qu’il va se passer dans quelques phrases… Mais, voilà, c’est un conte de fée des temps modernes, entre drame et Cendrillon, du début à la fin.
Malgré tous les petits « trucs » qui font que ce livre ne va pas marquer le lecteur durablement, il arrive à poser des questions plus ou moins perturbantes, dont les réponses peuvent se montrer plus ou moins évidentes.  Cette situation a-t-elle un jour existé ? Quelle est la part d’autobiographie de ce livre ? Va-t-elle plus loin que le simple fait que l’auteur a, lui aussi, été père à l’âge de 16 ans ?
 
En bref, plus le roman se déroule, plus l’envie de connaître la fin se déchaîne dans nos petits cerveaux d’humains qui n’attendent parfois d’un livre, qu’une belle histoire.
http://img.ozap.com/01457924-photo-patrick-poivre-d-arvor.jpg
Patrick Poivre d'Arvor, né Patrick Poivre le 20 septembre 1947 à Reims dans la Marne, souvent surnommé PPDA, est un journaliste et écrivain français.
Présentateur du journal télévisé d'Antenne 2 de 1976 à 1983, il devient le présentateur-vedette du journal télévisé de 20 heures de TF1 de 1987 à 2008 et un personnage majeur du paysage audiovisuel français que ce soit en tant qu'interviewer ou animateur de diverses émissions littéraires. Il inspire la création en 1988 du personnage de PPD, la marionnette centrale de l'émission de Canal+, Les Guignols de l'info.

Dans ma PAL : Deux Amants

Ils en parlent :
MeL, d'autres ?

Lecture :
Mars 2010


Publié par Elora

Jeudi 18 mars 2010 à 10:59

http://a33.idata.over-blog.com/0/52/78/10/lecture/TraverseeEte.jpg
(Le Livre de Poche, 5,00€, 151 pages)
ISBN 978-2-253-12112-1



Une histoire d'amour, le temps d'un été, entre Grady, une jeune fille de la haute société qui décide de ne pas accompagner ses riches parents en Europe, et Clyde, un jeune juif mécanicien, sur fond d’Upper East Side et de canicule. Une fois les parents partis, les deux jeunes gens passent des semaines d'amour dans l'appartement, avec vue sur Central Park. Lors d'une visite dans la famille de Clyde, Grady apprend que sa soeur récemment décédée n'avait jamais été à l'école car elle avait le coeur fragile et préférait fréquenter les garages du quartier et exercer ses surprenants talents de mécanicienne. Là le roman bascule. Grady prise dans le vertige de l'amour, au mépris des conséquences, se rebelle comme une petite fille gâtée et épouse Clyde. Confrontée à sa famille.

Au début de l’histoire, Grady annonce à sa mère qu’elle refuse de faire avec eux la croisière vers la France et qu’elle entend rester seule à New York pour l’été. Sa mère estime qu’elle est trop jeune que pour rester seule, mais n’arrivera pas à la faire changer d’avis.

Nous découvrirons bien vite quel est son objectif en restant en ville. En réalité Grady est amoureuse d’un certain Clyde, gardien de parking, et entend bien le séduire. Là voilà versée dans un autre monde !

Truman Capote mène ce récit avec un art consommé et une écriture superbe. La psychologie des personnages est d’une grande finesse.
 
Cependant, il faut reconnaître que le lecteur, en refermant ce livre à une sensation d’inachèvement... qui, malgré l’amertume que cela peut entraîner, s’excuse.
En effet, Summer Crossing (titre original)aurait pu ne jamais voir le jour, Truman Capote avait décidé de jeter cette œuvre, son premier roman qu'il jugeait médiocre, à la poubelle. L'histoire raconte que c'est son concierge qui récupéra le manuscrit dans les poubelles et le conserva précieusement, avant que ses héritiers le mettent aux enchères et que la Bibliothèque Publique de New York ne décide de le conserver. Sa première publication aux Etats-Unis et en France, date de 2006, près de 22 ans après le décès de l’auteur par overdose médicamenteuse.
 
Par conséquent, on ne sait que peut de choses sur ce livre hormis le fait que Truman Capote ait commencé à travailler son manuscrit à 19 ans pour l’abandonner une dizaine d’années plus tard.
Ce livre n’en reste pas moins un roman oeuvrant magnifiquement bien pour l’ « American Dream ». D’ailleurs, au moment de sa découverte et de sa publication, le critique Alexandre Fillon parlera d’une « pièce manquante d'une œuvre remarquable ».

http://www.youpimobile.com/up/images/498pxTrumanCapote1959.jpg
Truman Garcia Capote (nom de naissance Truman Streckfus Persons), né le 30 septembre 1924 à la Nouvelle-Orléans, mort le 25 août 1984 à Los Angeles, est un écrivain américain auteur de romans, nouvelles, reportages, portraits, récits de voyages, souvenirs d'enfance, ainsi que de deux adaptations théâtrales d'écrits antérieurs et de deux scénarios de films.

Ils en parlent : Karine, Clarabel, Cacahuète


Lecture : Février 2010

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Publié par Elora

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